Demandez à n’importe quel Congolais si il connaît le nzango (« jeu de pied » en lingala) et il vous répondra par l’affirmative. Ce jeu national, devenu une discipline sportive à part entière lors des derniers Jeux africains en 2015, vient du Congo-Brazzaville.
Entre gymnastique, rythme, danse et chanson, le nzango a traversé les frontières de son pays d’origine. Allant du Congo-Kinshasa jusqu’au Burundi en passant par le Gabon, ce jeu occupe de plus en plus de place.
Ce jeu a été inventé avant les indépendances dans le nord du pays. Il a bien évolué depuis lors, jusqu’à avoir sa fédération, la Feconza (Fédération congolaise de nzango).
Ce jeu, au départ, était essentiellement joué au quartier et à l’école. Il a traversé les époques et les générations. Si vous êtes Congolais, votre grand-mère ou votre mère vous diront sûrement qu’elles y ont joué au moins une fois avec leurs amies.
Le nzango remonte à l’époque coloniale. Pendant la construction du chemin de fer Congo-Océan reliant les 2 grandes villes du pays entre 1921 et 1934.
Son origine vient du Sango, une des langues de la Centrafrique, apparue au Congo-Brazzaville en 1932.
Le soir, après le travail, les femmes centrafricaines qui habitaient dans un village dans le Mayombe se détendaient en jouant à ce jeu encore méconnu du plus grand nombre.
« Sango » est devenu « Nzango » par la prononciation des colons blancs de l’époque. Ainsi, c’est au Congo-Brazzaville que tout a débuté pour le nzango.
En 2005, le ministère des Sports commence les 1res compétitions entreprises par l’Association sportive innovatrice du nzango moderne, créée par Guy Noël Titov Passy.
Ce dernier déclarait : « La pratique de ce sport contribue à lutter contre le surpoids et l’obésité. Elle permet à la femme de se maintenir en forme. Elle épargne aussi à nos compatriotes de lourdes dépenses de santé. »
Il se pratique sur un terrain de 16x8m délimité par une bande rouge au niveau central et deux bandes bleues de chaque côté. Ce sport est pratiqué essentiellement par les filles et les femmes. Le jeu oppose 2 équipes de 11 joueuses s’affrontant individuellement tour à tour sous le regard d’arbitres. Les points sont gagnés en fonction de la position de leurs pieds par rapport à celle de leur adversaire d’en face.
Selon la Fédération congolaise de nzango, ce sport aurait dépassé les frontières congolaises. On le retrouve au Gabon et au Cameroun, bien que pour les Jeux africains, seules des équipes congolaises ont été sélectionnées.
Et si ce sport devenait un outil de soft power pour le Congo ? Et si cette discipline s’exportait pour promouvoir le Congo à l’extérieur ?
Sources :
Connaissez-vous le nzango, ce jeu de cour d’école présenté aux Jeux africains ? – Jeune Afrique (18 septembre 2015)
À la découverte du nzango au Congo – Happy Africa (27 janvier 2021)
Nzango en République du Congo : historique et pratique – Nzango pour tous (avril 2019)